ALCOOL, ECOUTE, JOIE ET SANTE DE LA SOMME

 

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ALCOOL,  ECOUTE,  JOIE et SANTE DE LA SOMME.

 

Son  but : aider le malade alcoolique à se sortir de cette terrible maladie qu'est "l'alcoolisme" maladie psychique sociale et spirituelle.

Association reconnue utilité publique,

reconnue mouvement de jeunesse.

Siège social : Mairie de Camon.

Antenne : Camon : 03 22 46 10 67 ou 03 22 47 55 26

 

 

 

 

 

                M. BRANTON et ses amis au forum de juin 2000

               

Réunion : 4ème vendredi de chaque mois à 20 h 00, salle annexe de la mairie.

Permanence : tous les vendredis de 18 à 19 heures,

7 rue Victor Mauduit, 1er étage 80450 CAMON.

(dans l'ancien bureau de poste)

 

 

 

Yves, 11 rue de la République à Camon,

nous livre le témoignage bouleversant  d'une partie de sa vie : 

                                     

Alcool, assistance et guérison de l'alcoolisme.

20 ans d'abstinence, 20 ans sans alcool.

 

Je suis né dans un petit village de campagne, de parents agriculteurs. Je pris vite goût à l'alcool. La boisson journalière était le cidre. Un cidre tiré au tonneau, le bon cidre fait à la ferme. Enfant, ce cidre était consommé à chaque repas.

 

J'ai aussi goûté le vin de messe. Il était délicieux, et, adolescent j'ai très vite pris goût à la bière.

 

Quand vint le service militaire, les choses ne s'arrangèrent pas.

 

Quelques mois avant de me marier, il me fallut quitter la maison familiale et chercher du travail à Amiens.

Mon premier emploi fut chez un marchand de spiritueux, la maison Lévêque, avenue Foy. C'était très bien.

Ayant une logeuse très sévère, il n'était pas question de faire des bêtises.

 

Nous nous sommes mariés en juin 1957 et peu de temps après, pour gagner un peu plus, j'ai changé de patron.

Mon second emploi fut à la grande maison des vins Nicolas. Là,  ce fut l'Amérique :beaucoup de travail, une bonne équipe et surtout la boisson à volonté.

 

En 1960, je quittais les marchands de vin pour prendre un poste à la Cité Scolaire où là, je consommais de la bière et du vin. C'est là que j'ai connu  mon ami René Hecquet.

 

La maladie étant bien installée, les problèmes ont commencé.

 

Plusieurs accidents de voiture, le dernier avec 6 mois de retrait de permis, une bonne amende et deux nuits au violon :

j'avais "accroché" le panier que portait la femme d'un gendarme ! Chose à ne pas faire.

 

Mais cela n'a rien changé : je buvais toujours, les problèmes continuaient.

 

En 1971, je passais un concours, fut muté au lycée Félix Faure de Beauvais.

Un an, seul la semaine, cela n'a rien arrangé.

 

En 1972, je prenais le poste au Lycée du Bâtiment, rue du 31 août à Amiens où j'ai fait ma carrière.

Cette même année, nous devenions habitant de Camon avec ma maladie et mes problèmes. Les accidents de mobylettes se sont succédé, les absences au travail, visites régulières chez le médecin.

 

Le brave docteur me disait : "M. Branton, arrêtez de boire, vos problèmes de santé viennent de là"

Je lui répondais, "Docteur, je veux bien essayer, mais je ne vous promets rien" et, je continuais à boire. Ma mobylette s'arrêtait toujours devant les bistrots. A plusieurs reprises il m'est arrivé de l'oublier et de rentrer à pieds.

 

Quand je partais le matin, la route était belle, le soir quand je revenais, il y avait des tranchées, éclairées bien sûr, mais je ne les voyais pas. Combien de fois, Yolande est allé récupérer mes lunettes au fond de ces tranchées !

 

En 1970, j'ai attrapé un microbe. Cela m'a valu 2 mois d'hospitalisation  suite à des complications dus à l'alcool.

A ma sortie de l'hôpital, je fus très raisonnable. Au cours d'une visite de contrôle, 2 mois après, le brave médecin, celui qui m'avait sauvé la vie car j'étais condamné, m'a gentiment dit, à l'occasion de la naissance de Valérie, :  "vous pouvez boire un verre de vin". Quelle belle parole !... car je n'ai pas attendu la naissance.

En sortant de la consultation, je suis rentré au café, face à l'Hôpital y déguster une bière …et la machine infernale recommençait.

 

En 1976, un accident de travail, rien à voir avec l'alcool m'immobilisa un an. Quand j'ai repris mon travail, les problèmes ont recommencé. Ce fut un véritable calvaire. J'étais au bout du rouleau. Je voulais m'arrêter de boire mais je n'y arrivais pas.

En me levant le matin, de la bière pour pouvoir faire ma toilette,  2 litres pour ne plus travailler, 8 litres dans la journée, plus le vin, plus l'apéritif à l'occasion. Ca n'allait plus du tout dans la tête. Plus personne ne m'aimait, ne voulait me voir.

Je voyais le mal partout, me croyais rejeté de ma famille, de mes amis.

 

C'était faux, tout le monde voulait m'aider… je ne le comprenais pas. Alors j'ai eu des idées de suicide.

Dans me petite tête d'alcoolique, j'avais choisi la Somme au Pré Porus. J'allais tout droit et "plouf" dans l'eau.

Je ne l'ai pas fait, peut-être que l'eau était trop froide !

 

Mai 78, ma dernière "cuite" fut si forte qu'il m'a fallu deux ou trois jours pour m'en remettre.

 

Puis un jour, le proviseur m'emmena à la médecine du travail du rectorat. Quelques jours plus tard,  j'eus la visite d'un militant. Je me demandais ce qu'était LA CROIX D'OR (devenue aujourd'hui : ALCOOL, ECOUTE, JOIE et SANTE).

 

Une main tendue, le déclic et la décision était prise.

 

J'ai demandé à ma femme d'aller me chercher un certificat médical et 4 jours plus tard  j'entrais dans le service "AMITIE" à Beauvais. Pendant 14 jours, j'ai appris beaucoup de choses : j'ai appris à boire de l'eau… je me sentais bien. Je reprenais goût à la vie.

 

Au service "Amitié" l'animateur m'avait fortement conseillé d'adhérer à un mouvement d'anciens "buveurs" : c'est la meilleure convalescence du malade éthylique.

 

James Roussel, "Croix Dorés" à Beauvais, nous rendait visite toutes les après-midi au service "Amitié". Il nous mettait en garde pour la sortie. En juin, je me suis rendu, avec Yolande et Valérie à une réunion CROIX D'OR, rue Delpech.

 

Tout de suite la famille m'a fait confiance. mes enfants ne me regardaient plus de travers. Bien au contraire : "Papa, tu peux nous conduire à l'école ?" Auparavant, elles préféraient s'y rendre à pied, prendre le bus plutôt que de monter en voiture avec moi.

 

J'étais heureux, ma famille me faisait confiance. J'étais redevenu un homme, à nouveau. J'assumais mes responsabilités.

j'étais bien dans ma peau. Il y a toujours de l'alcool à la maison pour les invités.. 

 

c'est mafaçon à moi d'être fort...

 

                                              

                                                 

Très vite je fus entraîné par mes amis,  pour aller tendre la main

à celles et ceux qui souffraient comme j'ai souffert….

il y a de cela 20 ans !

 

Permanence de l'Association : tous les vendredis, rue Victor Mauduit, de 18 à 19 heures.

 

*

POUR LE TELETHON, QUARANTE ET UN KILOMETRES DE MARCHE

 

Les trois antennes de L'Association "Alcool, écoute, joie et santé" de Camon, Albert et Bernaville,   organisent le samedi 6 décembre 2008 une randonnée pédestre de 41 km.

avec un départ de Albert (place Emile Leturcq), à 8 h 00,

et, par un itinéraire étudié, la traversée des communes de Dernancourt, Buire sur Ancre, Heilly, Bonnay, Corbie, Fouilloy, Aubigny, Daours, Vecquemont, Lamotte Brebière, Camon,  Rivery pour...

une arrivée programmée à AMIENS (Coliseum) à 20 h 00...

Moyennant une participation de 3 € pour la bonne cause, celles et ceux qui le souhaitent peuvent "prendre le train en marche" lors de la traversée des différentes communes.

A Camon, pour que ces pèlerins de la santé puissent aborder sereinement les tout derniers km du parcours,  la Municipalité prévoit la distribution de rafraîchissements et vivres...

Meilleurs vœux de succès pour cette initiative qui fait honneur à l'Association.

 

                                                

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